Prévoyance TNS : le régime obligatoire s'arrête là où votre revenu commence.
Carence de 3 à 7 jours, indemnités plafonnées, calcul sur vos revenus passés : entre ce que vous toucherez et ce dont vous vivez, l'écart se comble avec un contrat, pas avec de l'épargne. Voici comment le chiffrer et ce qu'il faut vérifier avant de signer.
de carence avant le premier euro d'indemnité du régime obligatoire, selon la nature de l'arrêt.
Cotisation mensuelle constatée en 2026 pour un contrat calibré, selon statut et revenus.
Coût réel d'un euro de cotisation Madelin à 30 % de tranche marginale d'imposition.
Pour un indépendant, l'arrêt de travail est d'abord un problème de trésorerie
Un salarié qui s'arrête garde un employeur qui maintient tout ou partie de son salaire. Un indépendant qui s'arrête voit son chiffre d'affaires tomber à zéro pendant que ses charges fixes continuent : loyer professionnel, crédit immobilier, cotisations, abonnements, éventuels salaires.
C'est la raison pour laquelle je regarde la prévoyance avant la RC Pro dans presque tous les dossiers. Le sinistre de responsabilité est spectaculaire mais rare ; l'arrêt de travail long est banal et il vide un compte en quelques semaines.
Les débats de 2026 sur la protection sociale des indépendants tournent tous autour du même constat : le régime obligatoire a été conçu comme un filet minimal, pas comme un remplacement de revenu. Rien n'indique que cela change à court terme.
Un consultant à 3 000 € nets par mois arrêté six mois perd environ 18 000 € de revenu. Avec un contrat garantissant 70 % de son revenu, il en récupère 12 600 €, pour une cotisation d'environ 100 € par mois, déductible dans le cadre Madelin.
Ce que le régime obligatoire couvre, et là où il s'arrête
Les indemnités journalières du régime obligatoire sont calculées sur vos revenus professionnels déclarés des années passées, plafonnées, et versées après une carence. Trois mécanismes qui, cumulés, produisent systématiquement un écart avec ce dont vous vivez aujourd'hui.
Le cas le plus douloureux est celui du début d'activité : des revenus déclarés faibles ou incomplets donnent des indemnités faibles, au moment précis où l'entreprise n'a aucune réserve.
Les quatre garanties à lire ligne à ligne
Un contrat de prévoyance ne se compare pas sur son prix mais sur quatre lignes. Si l'une des quatre est mal calibrée, le contrat vous coûtera cher le jour où vous en aurez besoin.
Le point que je vérifie systématiquement : la définition de l'incapacité. « Incapacité à exercer toute profession » et « incapacité à exercer sa profession » sont deux mondes différents. Pour un métier spécialisé, seule la seconde formulation protège réellement.
Les trois arbitrages qui font le tarif
La franchise d'abord. Sept jours est le compromis courant. Trois jours si votre trésorerie personnelle est tendue, trente jours si votre épargne couvre le premier mois : la franchise longue fait baisser la cotisation de façon nette.
Le taux couvert ensuite. Viser 100 % de son revenu net coûte cher pour rien : les indemnités des contrats individuels sont souvent non imposables, si bien que 70 à 80 % du net reconstituent votre pouvoir d'achat réel.
Le questionnaire médical enfin. Il est obligatoire et une déclaration inexacte peut faire tomber le contrat au moment du sinistre. C'est la seule partie du dossier que je remplis toujours avec le client, ligne à ligne, plutôt que de le laisser cocher seul.
Ce que ça coûte, et ce que ça coûte après impôt
Les fourchettes ci-dessous correspondent à des contrats calibrés (70 % du revenu couvert, franchise 7 jours, invalidité et décès inclus) et non à des offres d'appel réduites aux indemnités journalières.
Souscrit dans le cadre Madelin, ce budget est déductible de votre revenu professionnel imposable dans la limite du plafond réglementaire. À 30 % de tranche marginale, 120 € de cotisation mensuelle vous coûtent environ 84 € nets. C'est cette ligne-là qu'il faut comparer d'un devis à l'autre, pas la prime brute.
Trois questions qui reviennent
Je suis en SASU, ai-je vraiment besoin d'une prévoyance individuelle ?
Oui. Le président de SASU relève du régime général mais reste sans maintien de salaire par un employeur : au-delà du plafond de la Sécurité sociale et pendant la carence, personne ne compense. La logique est la même qu'en entreprise individuelle, seule la base de calcul change.
Puis-je souscrire si j'ai déjà un antécédent médical ?
Le plus souvent oui, avec une exclusion ciblée ou une surprime sur la pathologie concernée. Le refus sec est rare. Ce qui l'est moins : découvrir l'exclusion au moment du sinistre parce que personne n'a lu les conditions particulières.
Que se passe-t-il si mes revenus baissent après la souscription ?
Les indemnités sont indemnitaires : elles ne peuvent pas dépasser la perte réelle. Un contrat calibré sur un revenu que vous ne faites plus vous fait payer une cotisation pour une garantie que vous ne toucherez pas. C'est le sens de la révision annuelle.
Chiffrons votre maintien de revenu sur vos vrais chiffres.
Dites-moi votre revenu net, vos charges fixes et votre trésorerie disponible : je vous renvoie le montant à garantir, la franchise cohérente et l'économie d'impôt associée.