Prix d'une assurance cyber en 2026 : les fourchettes réelles, pas les prix d'appel.
Une TPE de services paie 400 à 1 200 € par an. Une PME de secteur sensible, 3 000 à 6 000 €. L'écart ne vient presque jamais du chiffre d'affaires : il vient de ce que vous avez mis en place avant de demander un devis.
Prime annuelle d'une TPE de 1 à 10 salariés, pour un plafond de 100 000 à 250 000 €.
Prime d'une PME de 11 à 250 salariés ; le haut de fourchette concerne santé, finance et e-commerce.
Ce que la prévention bien documentée retire de la prime, à couverture identique.
Le marché s'est calmé sur les prix, durci sur les dossiers
Après trois années de hausses à deux chiffres, 2026 marque une stabilisation : les primes progressent de 8 à 12 % en moyenne, contre 15 à 25 % les années précédentes. La bonne nouvelle s'arrête là.
Ce que les assureurs ont gagné en modération tarifaire, ils l'ont repris en sélectivité. Les questionnaires techniques sont plus détaillés, les franchises ont monté de 20 à 30 %, et les refus de couverture ont augmenté d'environ 15 %, presque toujours pour la même raison : une entreprise qui demande à être assurée sans avoir rien mis en place.
L'entrée en application complète de DORA a par ailleurs créé un segment premium pour les entités financières et leurs prestataires TIC critiques, avec des garanties spécifiques de reporting et de tests d'intrusion.
Méthodologie : fourchettes issues de l'observation de plus de 200 dossiers traités en 2026, de la TPE de moins de 10 salariés à l'ETI de plus de 500, dans les services, l'e-commerce, la santé, la finance et l'industrie. Ordres de grandeur indicatifs et non contractuels.
Les fourchettes observées en 2026, par taille d'entreprise
Trois segments se dégagent nettement. À l'intérieur de chacun, l'écart entre le bas et le haut de fourchette se joue sur le secteur d'activité et l'exposition Internet, pas sur le chiffre d'affaires.
Ce qui fait vraiment le prix : votre hygiène, pas votre bilan
Les critères techniques pèsent 40 à 50 % de la tarification, les critères organisationnels 20 à 30 %, le secteur 15 à 25 %, et les données financières seulement 10 à 15 %. Autrement dit : ce que vous faites compte quatre fois plus que ce que vous encaissez.
Voici les effets observés, en pourcentage de la prime, pour chaque mesure prise ou manquante.
Cas réel : une PME de 50 salariés en e-commerce, 5 M€ de chiffre d'affaires. Avec MFA généralisé, sauvegardes testées et sensibilisation régulière, sa prime ressort à 2 500 €. Sans MFA et avec des sauvegardes non testées, le même dossier chez le même assureur ressort à 5 500 €.
Ce que vous obtenez réellement pour chaque budget
Comparer deux primes sans comparer les plafonds et la durée d'indemnisation de la perte d'exploitation n'a aucun sens : c'est là que se cache l'essentiel de la valeur d'un contrat cyber.
En dessous de 1 200 € par an, vous achetez une couverture essentielle : forensic, restauration, perte d'exploitation limitée à 30 ou 60 jours, notification RGPD et assistance juridique. Ni dépendance fournisseurs, ni fraude au virement, sauf extension payante.
Entre 1 200 et 6 000 €, la couverture devient étendue : perte d'exploitation sur 90 à 180 jours, dépendances fournisseurs, fraude au virement et ingénierie sociale, communication de crise, hotline 24/7 et négociateurs. C'est le niveau qui correspond à la majorité des PME numérisées.
Au-delà de 6 000 €, vous entrez dans le premium : plafonds au million, indemnisation jusqu'à 365 jours, garanties DORA, audit post-sinistre financé et gestionnaire de compte dédié.
Cinq leviers pour payer moins sans se découvrir
L'ordre compte. Investir en prévention avant de demander un devis change la tarification pour toutes les années suivantes ; négocier une franchise ne joue que sur un exercice.
Ce que je constate à l'usage : une entreprise qui progresse chaque année voit sa prime stagner ou baisser. Une entreprise qui reste au même niveau la voit monter de 20 à 40 % par an. La prévention n'est pas un coût annexe : c'est le principal levier de maîtrise du budget assurance.
Trois questions qui reviennent
Une assurance cyber à 400 € par an, ça sert vraiment à quelque chose ?
Oui, pour une activité de conseil sans e-commerce ni données de santé. À ce niveau, vous financez la réponse à incident, la restauration, une perte d'exploitation courte et l'assistance RGPD, l'essentiel de ce qui coule une TPE. Ce que vous n'avez pas : la dépendance fournisseurs et la fraude au virement.
Ma RC Pro couvre-t-elle déjà le cyber ?
Non. La RC Pro indemnise le préjudice que vous causez à un tiers ; elle ne finance pas vos propres pertes : ni le forensic, ni la restauration, ni les semaines d'activité perdues. C'est précisément le rôle du contrat cyber.
Un assureur peut-il refuser de me couvrir ?
Oui, et c'est de plus en plus fréquent. L'absence d'authentification multifacteur entraîne une majoration de 30 à 50 % ou un refus direct. La façon la plus rapide d'être assurable est de traiter les cinq prérequis avant de demander un devis.
Une fourchette ne signe pas un contrat. Votre dossier, si.
Le parcours d'évaluation de résilience mesure vos cinq prérequis en dix minutes et me donne de quoi interroger les assureurs avec un dossier défendable.